La capture que je pratique

Il existe différentes méthodes pour capturer un essaim. C’est un procédé délicat dans lequel il convient d’accaparer la majorité des individus, le reste ne pouvant être récupéré ensuite.

Lorsque l’essaim se dépose et forme une grappe, il est relativement facile de le capturer dans une ruchette. Une méthode qui peut être employée par une journée ensoleillée où l’essaim est situé sur une branche inférieure ou un petit arbre est de mettre un drap blanc sous l’emplacement de l’essaim. Une ruchette est placée sur le drap. L’essaim est pulvérisé de l’extérieur avec une solution de sucre ou simplement de l’eau, puis secoué vigoureusement hors de la branche. Le groupe principal, y compris la reine, tombera sur le drap blanc et les abeilles vont rapidement entrer dans le premier espace sombre en vue, qui est l’ouverture de la ruchette. Une marche organisée vers l’ouverture s’ensuivra et après 15 minutes la majorité des abeilles sera à l’intérieur du nucléus. Elles y resteront enfermées une ou deux nuits. Si la ruche est accueillante (propreté, emplacement, protection), l’essaim restera dedans.

Si l’essaim est trop enchevêtré dans son perchoir et qu’il ne peut pas être placé dans une boîte ou un drap, une ruchette peut être suspendue au-dessus et la fumée douce utilisée pour un «regroupement» de l’essaim dans la ruche. La fumée n’est pas recommandée pour calmer un essaim groupé. La fumée aura l’effet inverse sur un essaim groupé, car de nombreuses abeilles vont s’agiter et voler au lieu de s’installer.

Lorsque l’on enruche un essaim secondaire ou tertiaire contenant une reine vierge, le marquage (par une forme géométrique colorée) de la ruche est particulièrement important pour que la reine, après son vol de fécondation retrouve sans problème sa colonie. Ce marquage est plus indispensable encore, lorsque la ruche n’est pas isolée et se trouve proche ou parmi un grand nombre d’autres ruches.

La qualité des essaims récupérés dépend de la période de récupération. Les essaims secondaires ou tertiaires du mois d’avril ou mai ne posent généralement pas de problème. Ceux enruchés après la fin du mois de juin auront plus de mal à se développer.

L’essaimage

L’essaimage est un phénomène observé dans les ruches d’abeilles, quand la reine et une partie des abeilles (l’essaim) quittent la ruche pour former une nouvelle colonie. L’essaim forme alors un nuage d’abeilles qui peut atteindre une vingtaine de mètres de long et qui parcourt son territoire à la recherche d’un endroit propice pour s’établir et reformer une colonie.

L’essaimage se produit généralement au milieu du printemps ou au début de l’été quand le climat est favorable et les ressources sont disponibles. Souvent avant les miellées, ce qui permet à la colonie-mère prise de « la fièvre d’essaimage » et à la partie restée dans la ruche de se développer, de construire sa nouvelle ruche et de constituer des provisions..

En temps normal, les phéromones émises en permanence par la reine empêchent les ouvrières d’élever une autre reine. Si la reine se met à diffuser moins de phéromones, quelle qu’en soit la raison, la colonie est prise de la « fièvre d’essaimage ». Cette fièvre est détectable grâce à des signes précurseurs :

  • Les ouvrières bâtissent des cellules royales qui sont plus grosses que les autres et qui ont la particularité d’être construites verticalement, contrairement aux cellules horizontales de mâles, d’ouvrières ou de stockage de pollen ou de miel.
  • Les ouvrières donnent des petits coups de tête à la reine et cessent de la nourrir. La reine pond donc de moins en moins. En temps normal, le couvain ouvert occupe plus de place que le couvain operculé. Quelques jours avant l’essaimage, à cause du manque de place pour pondre mais surtout à cause du ralentissement de la ponte, le couvain operculé occupe plus de place que le couvain ouvert. C’est au moment où ce rapport s’inverse que l’essaim part.
  • Les ouvrières semblent désœuvrées sur la planche de vol. Leurs glandes à cire se développent et 6 petites plaques de cire apparaissent sur leur abdomen (on peut les voir en retournant l’abeille) pour être prêtes à construire de nouveaux rayons de cire alvéolaires dans la future ruche.

Quand la reine consent à déposer des œufs dans une dizaine de cellules royales ou que les ouvrières y ont transporté des œufs et qu’elles sont operculées, le processus est enclenché. Quelques jours plus tard, de jeunes reines vont naître. Amaigrie par l’arrêt de la ponte, l’ancienne reine peut désormais voler et accompagne l’essaim juste avant la naissance de celles qui la remplaceront. Ces princesses vont combattre à mort pour devenir la nouvelle reine-mère qui hérite de la ruche.

Avant de partir, chaque abeille se gave de miel afin de disposer d’assez d’énergie pour assurer la migration qui peut durer 3 jours. Le départ de l’essaim se fait à l’occasion d’un début d’après-midi ensoleillée, avec la moitié de l’effectif de la colonie (s’il s’agit d’un essaimage primaire). Après un essaimage primaire (de la vieille reine), un essaimage secondaire (avec une reine vierge) se forme souvent environ 8 jours après et parfois un tertiaire 3 à 4 jours plus tard.

Lorsqu’un essaim d’abeilles émerge d’une ruche, il ne s’envole pas directement vers son nouveau site. Il se pose généralement dans un arbre ou sur une branche à quelques mètres de la ruche d’origine (ce qui permet parfois à l’apiculteur de le récupérer s’il le voit à temps). A cet emplacement, l’essaim se regroupe autour de la reine et envoie entre 20 et 50 abeilles éclaireuses à la recherche de nouveaux sites convenables. Cet arrêt intermédiaire ne dure que de un à trois jours. C’est à partir de cet emplacement temporaire que la grappe déterminera le bon site de nidification en fonction du niveau d’excitation des danses des abeilles éclaireuses.

Sélection du nouveau site d’installation : un choix démocratique

L’essaimage des abeilles est un véritable processus de démocratie directe et d’intelligence collective puisqu’il s’agit de parvenir à un consensus pour définir la future localisation de la colonie.

Après avoir quitté la ruche, un essaim se réunit dans un endroit abrité, en général dans un arbre ou sous une toiture, formant ce qu’on appelle une grappe (d’abeilles), et des éclaireuses (5 % de l’essaim, les abeilles les plus expérimentées du groupe) partent observer les environs sur une surface d’environ 70 km2 pour trouver un emplacement propice à l’établissement de la nouvelle colonie. Les éclaireuses revenant à l’essaim relatent une position qui leur semble propice à l’installation de la colonie par une danse dont la vivacité reflète la qualité du lieu désigné, et suffisamment explicite pour en indiquer la position.

Toutes les éclaireuses ont le même pouvoir d’information et présentent de manière transparente et souvent simultanément leurs découvertes. Selon l’intensité de la communication, l’abeille découvreuse d’un site va recruter un nombre plus ou moins grand de nouvelles éclaireuses qui iront chacune le visiter et entreprendre une évaluation indépendante. Elles pourront à leur tour donner leur opinion. Après plusieurs heures et parfois jusqu’à 3 jours de mutualisation perpétuelle des connaissances, un consensus émerge de ce processus décisionnel et aboutit au choix définitif de la destination. Une décision sera souvent prise lorsque quelque 80 % des éclaireuses ont convenu d’un seul endroit et / ou lorsqu’il y a un quorum de 20 à 30 éclaireurs présents sur un site de nidification potentiel. Quand cela arrive, tout le groupe prend son envol et s’envole vers lui. Un essaim peut voler un kilomètre ou plus vers l’emplacement choisi, avec les éclaireuses guidant le reste des abeilles en volant rapidement au-dessus dans la bonne direction2.

Ce processus collectif de prise de décision réussit remarquablement à identifier le nouveau site le plus approprié et à maintenir l’essaim intact.

Un bon nid doit avoir les qualités suivantes :

  • être suffisamment grand pour accueillir l’essaim (minimum 15 litres en volume, de préférence ~ 40 litres),
  • être bien protégé des éléments (pas trop de vent) et recevoir une certaine quantité de chaleur du soleil (de préférence à mi-ombre et entrée exposée vers l’Est pour favoriser la chaleur du matin,
  • avoir une petite entrée (environ 12,5 cm2) située au bas de la cavité,
  • ne pas être infesté de fourmis.

Les sites de nidification avec des nids d’abeilles ou des ruches abandonnés sont privilégiés car les odeurs de miel et de propolis émises rassurent les éclaireuses (on s’en sert pour le piégeage d’essaim).

Une fois l’essaim définitivement fixé, les ouvrières bâtissent très rapidement des rayons de cire pour le nouveau couvain et pour y stocker du miel. La reine se remet à pondre seulement 3 jours après l’arrivée sur le nouveau site, afin d’assurer le développement de la nouvelle colonie le plus vite possible.

La reine pouvant vivre jusqu’à 5 ans, elle pourra essaimer plusieurs fois dans sa vie (mais généralement les apiculteurs remplacent les reines chaque année ou tous les deux ans pour s’assurer d’une ponte maximale).

Si un essaim s’établit quelque part dans la nature, on dit qu’il retourne à l’état sauvage. Les abris peuvent être le creux dans un arbre, une cavité rocheuse, ou une construction humaine où on n’attendait pas vraiment la venue d’un essaim (et l’essaim risque d’être chassé ou capturé).

Fréquence et types d’essaims

Il ne peut y avoir qu’une seule reine par colonie. Dans la ruche d’origine, la première reine émerge de sa cellule généralement une semaine après le premier essaimage. Elle voudra instinctivement éliminer les autres reines encore nichées dans leur cellule royale mais si la colonie est assez populeuse, elle protégera ses cellules et empêchera cette première reine de tuer ces reines sœurs. La première reine se mettra alors à chanter pour signaler sa présence. Si d’autres reines prêtes à naître entendent ce chant, elles y répondent depuis l’intérieur de leurs cellules et si la première reine estime qu’il y a trop de concurrentes à éliminer pour régner et trop d’opposition de la part des ouvrières, elle décide souvent de quitter la ruche dans un essaim secondaire pour éviter les nombreux combats potentiels. Le processus se répète avec la reine vierge émergente suivante. Il peut donc y avoir un essaimage tertiaire dans les ruches les plus populeuses. Quand la colonie n’est plus assez forte pour s’opposer à la reine, elle laisse la première reine naissante tuer ses sœurs par une piqûre dans leur cellule mais si deux reines émergent au même moment, il s’ensuit un combat à mort qui peut blesser la survivante et produire ainsi une reine de piètre qualité. En revanche, si tout se passe bien, une semaine plus tard, la reine victorieuse effectue son premier vol nuptial1.

Les essaims « primaire », « secondaire » et « tertiaire » comptent donc respectivement la moitié, le quart et le huitième de la population initiale de la ruche ; le contingent final dans la ruche est la différence (moitié, quart ou huitième) mais il se reconstitue assez vite grâce aux naissances issues du couvain important laissé par la vieille reine avant d’essaimer.

Un essaimage secondaire contiendra toujours au moins une jeune reine vierge et partira souvent une semaine après le primaire. Un tertiaire pourra suivre 3 ou 4 jours plus tard. Il arrive également que deux reines vierges partent avec un essaim secondaire ou tertiaire. Le combat pour le règne aura alors lieu dans la nouvelle ruche après l’installation.

L’essaimage est une étape vulnérable dans la vie des abeilles. Pendant cette phase, elles sont approvisionnées seulement par le nectar ou le miel qu’elles portent dans leur estomac. Un essaim peut mourir de faim s’il ne trouve pas rapidement un site pour s’installer et des sources de nectar. Ceci se produit le plus souvent avec des essaims partis trop tôt dans la saison au printemps par un jour chaud qui est suivi par du temps froid ou pluvieux. La colonie d’origine, après s’être séparée d’un ou plusieurs essaims, est généralement bien approvisionnée en nourriture, mais la nouvelle reine peut être perdue ou mangée par des prédateurs pendant son vol d’accouplement, ou le mauvais temps peut empêcher son vol d’accouplement. Dans ce cas, la ruche n’a plus de jeune couvain pour élever des reines supplémentaires, et elle ne survivra pas.

Fréquence et types d’essaims

Un essaim est très impressionnant, mais le danger pour l’Homme est moindre car une abeille issue d’un essaim pique rarement pour plusieurs raisons :

Les abeilles sont sans logis, sans couvain et sans provisions. Elles n’ont rien à défendre.
Chaque abeille remplit son jabot de miel avant le départ. C’est la seule source de nourriture disponible pour l’essaim à court-terme. Une abeille gavée de miel ne pique pas. C’est d’ailleurs pour cela qu’on enfume une ruche avant de s’en approcher, l’enfumage pousse les abeilles à se gaver de miel avant un éventuel départ d’urgence lié à un incendie.
Le sacrifice en grand nombre des abeilles conduit directement à l’affaiblissement de l’essaim puisqu’une abeille meurt après avoir piqué un homme (arrachement de l’aiguillon). L’établissement de la nouvelle colonie nécessite de conserver le maximum d’effectif.

Un apiculteur peut donc s’approcher ou toucher un essaim sans grand danger de piqûre. Il est même possible d’installer l’essaim sur une partie dénudée du corps. Cela fait d’ailleurs l’objet de concours. Cependant, un tempérament calme et des mouvements très lents sont nécessaires dans toutes les manipulations, afin de laisser les abeilles prendre leur place sans se froisser, pour éviter d’être associé à un danger. Toutefois il est bon de savoir que toute abeille écrasée piquera en retour, quelle que soit son humeur.

Role

L’essaimage est le mode naturel de reproduction et dispersion dans l’espace des colonies d’abeilles.

Chez certaines espèces de fourmis, autres insectes sociaux, l’essaimage est également le moment où de nombreuses princesses et de nombreux mâles fourmis s’envolent pour s’accoupler, reines et mâles sont poussés hors du nid pour s’envoler, s’accouplent et retombent au sol. Le mâle va mourir peu après, la reine, elle, va aller fonder un nouveau nid. Ces princesses sont les fameuses fourmis « ailées » qui ne constituent pas une espèce mais une caste

 

Source Wikipedia